

Michèle Mouton – La reine de la vitesse
Au début des années 1980, le rallye n'était pas un sport, c'était de la folie sur roues. Des voitures de plus de 500 chevaux, des règles de sécurité quasi inexistantes et une femme qui faisait trembler Röhrl, Mikkola, Vatanen et compagnie : Michèle Mouton. Cette année, la reine du rallye fête ses 75 ans.
« Je n’ai jamais voulu être la meilleure femme. Je voulais être la plus rapide. » Et c’est ce qu’était Michèle Mouton. Elle a prouvé que la vitesse ne connaît pas de genre. Et ce, bien que cette Française née à Grasse en 1951 ait en réalité voulu devenir juriste. Mais la voiture est arrivée – et tout le reste est devenu secondaire. Elle a disputé ses premiers rallyes nationaux au volant d’une BMW Alpina 2002 et s’est fait remarquer par son style de conduite intransigeant et intrépide.
En 1981, Audi a recruté Mouton dans son équipe d’usine. Et soudain, tout s’est mis en place – la pilote et la machine. L’Audi quattro était en avance sur son temps : quatre roues motrices, turbo, traction brutale. Alors que les autres essayaient encore de faire passer la puissance au sol, Mouton s’envolait tout simplement. Sa première victoire au Rallye de San Remo en 1981 fut plus qu’un simple succès. Elle n’était pas « la meilleure femme du peloton ». Elle était tout simplement l’une des meilleures. Et ce, au volant d’une voiture qui était une véritable bête. « Conduire l’Audi quattro, c’était comme maîtriser les forces de la nature – mais celles-ci voulaient vous dévorer à tout moment. »

Le titre qui n’en fut pas un
1982 fut la saison de sa vie. Trois victoires, des performances de haut niveau constantes – et soudain, elle se retrouva à deux doigts du grand coup : le titre de championne du monde des rallyes. Mais vint alors le Rallye de Côte d’Ivoire. Chaleur, chaos, pannes. Alors que son concurrent Walter Röhrl franchissait la ligne d’arrivée en toute maîtrise, Mouton a perdu le titre de justesse.
Groupe B : le chaos doré

La Française a fait son apparition sur la scène internationale au moment même où le rallye était en pleine effervescence. L’ère du Groupe B était brutale. Des voitures de plus de 500 ch, des règles de sécurité quasi inexistantes – et la mort sur le siège passager. Le légendaire Groupe B était si dangereux qu’on y a mis fin au bout de quelques années. Au volant, on trouvait des pilotes aguerris comme Stig Blomqvist, Hannu Mikkola, Ari Vatanen, Timo Salonen ou Björn Waldegård. L’exploit de Michèle Mouton n’en est que plus remarquable.
Plus qu’une simple pilote
Après sa carrière, elle est restée fidèle au sport automobile. En tant que co-organisatrice de la Race of Champions, elle a réuni les plus grands pilotes du monde. Plus tard, elle est devenue la première femme directrice du sport automobile à la FIA. Michèle Mouton n’a jamais couru contre des hommes. Elle les a laissés sur place.
Portrait
Nom : Michèle Mouton
Date de naissance : 23 juin 1951
Lieu de naissance : Grasse, France
Profession : pilote de rallye
Principales réalisations : vice-championne du monde en 1982, première femme à remporter des victoires en WRC
Photos : Audi


